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C’est donc que vous n’êtes pas perdus.

Profitez-en pour faire la connaissance de Jérémie Fortuna.

Qui est-il ? Pour un petit résumé de l’histoire, cliquez ICI.

Si vous vous posez les questions suivantes :

« D’ou vient cette idée saugrenue ? »

« C’est bizarre, ça me rappelle vaguement quelque chose… »

« Mais pourquoi Cixi se marre-t-elle toute seule dans son coin ? »

La réponse est ICI (ou encore 42).

Pour suivre les aventures de Jerry Fortuna et le Club de la Dernière Chance, c’est ICI… ou encore ci-dessous (par ordre déchronologique, hélas !) Et pour être toujours à la page, vous pouvez vous inscrire à la newsletter ICI.

Enfin, si vous n’en pouvez plus d’attendre, si vous voulez me filer un coup de main pour corriger et améliorer les textes, l’intrigue etc. La section « Making of » est pour vous. Pour une petite explication sur le fonctionnement de la catégorie, c’est ICI. Sinon, vous pouvez directement aller LA.

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Jerry Fortuna et le club de la dernière chance de L. K. est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit.

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Publié dans : Jerry F. mode d'emploi | le 13 septembre, 2011 |Pas de Commentaires »

N°5

Et c’est ainsi que le lendemain, une fois mon petit déjeuner expédié et mon panier pique-nique empaqueté, je quittai la grande ville et pris la route pour Redoussas, en plein mois de juin, avec ma petite Renault Super 5 certes non climatisée mais increvable !  Le soleil éblouissant, la chaleur écrasante de bon matin, les grillons, la garrigue, les Cévennes… ça sentait les vacances ce qui me mit de fort bonne humeur bien malgré moi. 

Distraitement, je farfouillai dans la boite à gants pour en retirer une antique cassette que j’insérai dans l’autoradio. Les premières mesures de l’album Fashion Nuggetts de Cake retentirent.  Yeah ! C’est les vacances baby !  Moment « nostalgie » au cours duquel je me remémorai les expéditions familiales, entassés à six dans la voiture parentale surchauffée. Puis plus tard, celles entres potes, à six encore, toujours dans une voiture surchauffée mais plus petite encore… Tout à mes souvenirs, j’avais perdu un peu le job de vue et ne voyais plus les kilomètres défiler. 

Et pourtant, au même moment se produisait sous mes yeux aveugles un phénomène parfaitement inhabituel. Un prodige proprement inouï ! Je ne sais pas depuis combien de temps cela durait mais c’est mon nez qui tira la sonnette d’alarme le premier. Ça puait le caoutchouc brûlé !    Je sortis brusquement de ma rêverie pour m’apercevoir que le tableau de bord de la voiture s’illuminait comme un sapin de noël et qu’une fumée noire et grasse s’échappait du capot.  Mon cerveau se figea devant l’improbabilité cosmique d’un tel incident. La stupeur le disputait à la consternation balayant toutes pensées cohérentes comme par exemple « arrête cette fichue voiture » ou encore « dégage de là avant que ça flambe ».  Ce sont les hurlements stridents du moteur qui me firent réagir. Je m’arrêtai en catastrophe à l’entrée d’un chemin viticole aux ornières profondes, juste devant un calvaire et bondis de l’habitacle comme un démon de sa boite. A mon grand soulagement,
la Super 5 ne prit pas feu. Je pus donc retourner à la voiture, ouvrir le capot et recevoir un nouveau panache de fumée épaisse en pleine figure. 

Avec le recul, je ne sais pas trop ce que j’espérais. Je n’y connaissais strictement rien en automobile ; je n’en avais jamais eu besoin. C’est bien simple, c’est à peine si je localisais la jauge d’essence et je ne savais même pas comment changer une roue.  Vaguement désorienté, je tâchais de faire le point quand soudain, je pris conscience du miracle qui venait de se produire.  Moi, Jérémie Fortuna, je venais de tomber en panne ! Et pas dans une grande ville à portée du premier garagiste venu. Non, non ! J’étais en panne à midi, en pleine campagne, entouré de vignobles et de garrigues. Autant dire, au milieu de nulle part.  Ebahi, la tête légère, un sentiment d’euphorie m’envahit. Je m’étais toujours rêvé en homme libre de tout destin, profitant à chaque seconde des coïncidences – heureuses ou non – de l’existence. Une vie innocemment imprévisible à la place de cette chance monstrueuse et aliénante.  Le coup d’œil que je jetai à mon téléphone portable paracheva mon bonheur : pas de réseau ! Avec des petits bonds de joie, je récupérai mes papiers à l’avant, fermai la voiture et me mis en route à la recherche d’un téléphone pour joindre l’assistance dépannage de mon assurance – un truc dont je désespérais de me servir un jour.

Je sais que cela doit paraître bizarre  – à la réflexion ça l’est – d’être parfaitement heureux dans ces circonstances : en panne, cheminant dans un fossé envahi d’herbes le long d’une route déserte, sous un soleil de plomb par minimum trente degré à l’ombre.  Ma peau de rouquin virant à l’écarlate, risquant l’insolation d’une minute à l’autre, je respirais à plein poumon l’air de la liberté quand je vis au loin une maison de campagne entourée de platanes. Je m’y dirigeai d’un pas vif, conscient qu’il ne fallait pas abuser des bonnes choses…  Une demi-heure plus tard, je m’engageai sur un chemin de propriété bien entretenu et ombragé au bout duquel on apercevait une bâtisse blanche imposante d’une hauteur de deux étages. Arrivé dans la cour, je constatai la présence d’une quinzaine de véhicules garés là : une poignée de voitures neuves, quelques motos, des voitures moins récentes ainsi qu’une antique Golf des années soixante-dix couleur vert kaki. 

Une réunion bien hétéroclite, songeai-je en gagnant le perron et en appuyant résolument sur la sonnette. Sur une petite étiquette jaunie, quelqu’un avait écrit d’une main un peu tremblante : Mademoiselle Eliane Sapin. La porte finit par s’ouvrir sur un monsieur de taille moyenne, la petite cinquantaine et le cheveu rare, l’air franchement surpris. Il me dévisagea un instant et se reprit avec un léger sursaut : « Euh… c’est pour quoi ? Je tâchai de dissimuler mon sourire guilleret pour prendre un air contrarié plus adéquat selon moi à la situation :  « Je vous prie de m’excuser, bafouillais-je. Je suis tombé en panne de voiture à quelques kilomètres de là. Mon téléphone portable ne capte pas le réseau. Est-ce que je pourrais… 

« Mais bien sûr ! Entrez donc, vous avez dû cuire par cette chaleur ! M’interrompit le bonhomme avec empressement. De la main, il me fit signe de le suivre et s’effaça devant moi.  J’entrai dans un vestibule aux tapisseries vieillottes. Dans une salle juste à côté, j’entendais un brouhaha de voix.  « Asseyez-vous ici, je vous apporte de quoi boire ainsi que le téléphone. Je ne vous installe pas dans le salon, c’est plein comme un œuf ! On est en pleine A.G., comprenez…termina-t-il avec une mimique d’excuse avant de disparaître dans le couloir.  Je patientais quelques instants, serein, tandis que les éclats de voix me parvenaient de la salle d’à côté : 

« Non, non et non ! 23 n’est pas un chiffre maudit. Ce n’est pas parce que des scénaristes l’ont pondu dans une série télé que c’est la vérité ! s’exclama une voix féminine catégorique. « C’est vrai, ajouta une voix virile. Je rappellerais quand même que récemment aux Etats-Unis, ceux qui ont joué les numéros de Lost ont gagné le gros lot et empoché une somme plutôt coquette ! Pour des numéros maudits, ça se pose là moi je dis !  « Ah ouais ? Et ceux qui jouent au loto le vendredi 13, hein ? T’en penses quoi ?! Glapit un autre de façon agressive. 

« D’accord, alors pourquoi pas le 24 ? Intervint une nouvelle voix apaisante. Y a le chiffre quatre dedans et c’est clairement un chiffre maudit dans la culture asiatique…  Je repensai à ma propre collection d’objets « porte-guigne ». « Espoir d’infortune » bien sûr, mon miroir brisé acheté à la superette du quartier. Mon assemblage d’échelles et de parapluies ouverts en guise de faux-plafond. Mon coffret secret rempli de babioles « maudites ». Madame, ma chatte noire évidemment, trouvée toute petite sur mon paillasson sans que je n’ais jamais pu savoir s’il s’agissait d’un cadeau anonyme ou d’un squat en règle de la part de l’intéressée (connaissant le personnage, cette dernière option semble plus plausible). Toutes ces « chaînes de la chance » que j’avais gardé précieusement pour moi sans jamais les renvoyer à quiconque.  Alors que je rêvassais innocemment aux millénaires de malchance que j’avais dû accumuler grâce à ma collection, mon cerveau qui avait additionné deux et deux à mon insu tentait d’attirer mon attention sur le résultat obtenu. Un drôle de sentiment m’envahit soudain, alors que mon sang se carapatait de mes extrémités.  Non ! Non, putain, quand même pas…  L’homme qui m’avait ouvert me rejoignit à ce moment là, tout sourire, un verre d’eau fraîche dans une main et un téléphone dans l’autre :  « Désolé d’avoir été si long, mais je n’arrivais plus à trouver ce fichu appareil ! Commença-t-il avant de s’interrompre, plein de sollicitude. 

« ça va pas jeune homme ? Vous êtes tout pâle. On dirait que vous avez vu un fantôme !  Tourner les talons et prendre la fuite. Le diable est à mes trousses ! Je ne vois que ça… le diable… à mes trousses… Quelle est la probabilité que je tombe sur eux à cent cinquante bornes de l’endroit où ils devraient se trouver ???  « Hé Marylène ! Eliane ! Y a le jeune en panne de voiture qui se sent mal ! Il va tourner de l’œil, venez m’aider ! 

Respirer un bon coup. Retrouver les idées claires.  … je devais poser la question. Fini la pause, le job reprenait.  … A la réflexion, il n’y avait jamais eu de pause et le job ne s’était jamais vraiment arrêté même si j’y avais crû.  « Je suis bien au Club de
la Dernière Chance, n’est-ce pas ? 
Ma voix ne tremble même pas, constatai-je avec une triste fierté. L’homme me jeta un drôle de regard tandis que deux femmes d’âge moyen faisaient irruption dans le vestibule. 

« C’est vous que je cherche en fait. Je me rendais à Redoussas en voiture pour prendre contact avec vous et connaître les modalités d’adhésion. Je veux faire parti du club. Alors que les trois autres se jetaient des coups d’œil mi étonnés mi consternés, je sortis mon téléphone qui vibrait dans ma poche. Evidemment, le réseau était revenu ! Je décrochai et une voix enthousiaste demanda : « Vous êtes Jérémie Fortuna ? J’ai le plaisir de vous annoncer que vous avez gagné le premier prix lors du tirage au sort de la tombola de votre hypermarché. Je ne participais à aucun tirage au sort, tombola ou loto d’aucune sorte. Question de principe. En revanche, mes frangines se faisaient une joie de m’y inscrire à mon insu. 

Les chipies !  « Laissez-moi deviner, répondis-je d’un ton las. Je suis l’heureux propriétaire d’une voiture, c’est bien ça ? « Tout à fait, répondit la femme au bout du fil. Vous venez de gagner une superbe Lamborghini Gallardo d’une valeur de 177 000 euros, félicitations !  Je remerciai en mode automatique et raccrochai, l’esprit vide. Mon abattement et ma déception devaient se voir comme – disons – mon nez brulé rouge au milieu de ma figure pâle. Me prenant en pitié, la plus petite des deux dames me tapota gentiment le bras et me dit d’un ton maternel :  « Allons voyons ! Et si vous veniez nous raconter tout ça à côté, hein ? ça vous fera du bien, croyez-moi ! Ici, au club de la dernière chance, nous sommes tous passés par là, vous savez… 

N°4

Moins de dix minutes après avoir donné mon accord pour le job, Mrs Black et Me Lempereur avaient pris congé et quitté l’appartement, me laissant déboussolé avec Madame pour seule compagnie. 

 

Ce n’est qu’une heure plus tard, en feuilletant la liasse des annexes au contrat que je m’avisai soudain que la vieille bique ne m’avait absolument pas indiqué comment contacter ce fameux club. 

 

Je récapitulai sur mon cahier de notes ce que je savais du Club de
la Dernière Chance : à priori, il s’agissait d’une association qui, à l’occasion, taquinait du paranormal et de l’occulte. Quel en était le but ? Qui en était les adhérents ? Mystère. Je me maudis. Un vrai amateur ! A croire qu’Action Man et sa patronne m’avaient engourdi le cerveau. 

 

Le soir venu, toujours bougon, je m’installai dans mon lit avec mon ordinateur portable sur les genoux, et partis à la recherche du Club de
la Dernière Chance sur Internet. 

 

J’appris ainsi qu’il existait un roman de Marian Keyes au titre similaire, plutôt bien noté par ses lecteurs par ailleurs. 

 

En dehors de ça et comme je m’en doutais, l’expression « la dernière chance » était accommodée à toutes les sauces allant du « match de la dernière chance » à la « réunion de la dernière chance ». Je tombai également sur un article intitulé « le club de la seconde chance » paru au JDD (un truc sur un club de vacances pour célibataires dont je notais en passant les coordonnées) et un autre sur « l’école de la seconde chance ». 

 

Mais rien sur une association du nom de Club de

la Dernière Chance. Ni site Internet, ni coordonnées postales ou téléphoniques, ni même un bête courriel de contact (une hérésie à notre époque !). Elle n’était même pas référencée sur les différents annuaires d’associations.

 

J’en venais à douter de son existence. Mon excentrique patronne n’avait-elle pas un peu forcé la dose sur les Magic Mushrooms dans ses biscuits ? L’image me fit marrer comme une baleine au grand dam de Madame que mes tressautements de rire dérangeaient dans son demi-sommeil. 

 

Reprenant un peu mon sérieux, j’abandonnai l’idée distrayante d’une Mrs Black sous hallucinogènes. Surtout, ne pas commettre l’erreur de se laisser avoir par ses airs de gentille petite vieille dynamique ! C’était avant tout une redoutable femme d’affaires armée d’un avocat. 

 

J’en revins à mon problème initial : comment mettre la main sur ce fichu club ? Avait-il une existence juridique ou était-il seulement informel ? 

 

Pris d’une inspiration subite, je me connectai au site du journal officiel « associations et comptes annuels » et trouvai mon bonheur par hasard à la rubrique « groupements d’entraide et de solidarité ». 

 

Le vendredi 13 août 2004, on avait déclaré en préfecture l’association loi 1901 « le club de la dernière chance » dont l’objet consistait « à créer un lien social et sortir de la solitude les gens victimes d’une chance hors normes à travers des groupes de paroles et divers ateliers ». 

 

Des gens victimes d’une chance hors norme ? Incroyable ! 

 

La coïncidence avec ma propre malédiction était troublante. Mrs Black ne cherchait-elle pas à me jouer un tour ? Une tour particulièrement onéreux alors, vu mes honoraires… 

 

Les renseignements indiqués sur l’avis d’enregistrement étaient pour le moins sommaires. Là encore, pas de noms ou de numéros de téléphone pour les contacter. Juste une adresse. 

 

Et lorsque j’avisai le nom de la commune et sa localisation, je décidai de ne pas écarter définitivement l’idée d’une blague. 

 

Redoussas, en Lozère, à trois heures de route d’ici. Un bled tellement paumé que ni Mappy, ni mon GPS n’arriveraient jamais à le situer. Un froid de canard, la nature hostile qui vous entoure et plus de chèvres que d’humains au kilomètre carré. 

 

Pfff, fonder un club à Redoussas… non mais j’vous jure ! 

 

Parce que, voyez-vous, il se trouve que par une chance incroyable (ahah !) je connais très bien le (tout petit) hameau de Redoussas. Trois fermes qui se courent après, des routes sinueuses à souhait, idéales pour faire vomir n’importe quel gamin normalement constitué… 

 

Notez d’ailleurs qu’à l’époque où mes parents nous y emmenaient en vacances, mes trois sœurs et moi-même avons dû baptiser chaque bas-côté de chaque virage de cette maudite route. 

 

Vous vous dites : pas de chance ? Je vous répondrais : hélas non ! Juste cette garce de génétique. Même ma mère, à son âge vénérable (cinquante-sept ans), est toujours malade en voiture. Le mal des transports est un véritable trait familial chez nous, plus sûrement partagé que la couleur des cheveux ou des yeux. 

 

Faut vraiment avoir un grain pour fonder une association dans un endroit pareil, me dis-je. 

 

Ça ou alors… 

 

Pas de noms, pas de publicité, pas de moyen de les contacter. Je n’y couperais pas ! J’allais devoir me rendre sur place dés le lendemain pour démarrer mon enquête. 

 

N°3

Un peu plus tard dans la journée : 

« Quand comptez-vous l’informer de la disparition des deux gus ? 

« Chaque chose en son temps, Magloire. 

Mrs Black déambulait dans la rue piétonne, profitant du beau temps tandis que l’avocat réajustait ses lunettes de soleil. 

 

« Et pour le type interné à l’hôpital psychiatrique ? Vous savez, celui dans le quartier haute-sécurité… insista-t-il. 

« Si Monsieur Fortuna est moitié aussi chanceux que ce qu’il prétend, il le découvrira bien par lui-même. 

Elle s’arrêta soudain, pensive. 

« Quelle impression vous a fait ce jeune homme, Magloire ? 

« Et bien… 

« A moi, il m’a semblé s’ennuyer, poursuivit-elle sans attendre sa réponse. Puis, reprenant sa marche, elle ajouta : 

« Une chance que je lui propose cette mission stimulante, ne croyez-vous pas ? 

 

Devant son air interdit, elle éclata d’un rire sonore, bien peu distingué. 

N°2

Deux jours plus tôt. 

J’ouvris la porte et tombai nez à nez avec une cravate en tissu satiné noir sans la plus petite marque ou couture visible. A la fois fluide, brillante et froide. Et vaguement menaçante aussi, un peu à la manière d’un serpent si vous voyez le genre. Peut être que la carrure du propriétaire de la cravate si chic – taillé façon armoire à glace vêtu d’un complet noir et d’une chemise à la blancheur éblouissante – n’était pas complètement étranger à mon parallèle avec le serpent menaçant. Mais sous le coup de la surprise, j’avoue que c’est la première pensée qui m’a traversé l’esprit. 

Toutefois, je plaide les circonstances atténuantes. La voix qui avait pris rendez-vous avec moi par téléphone la veille appartenait à une gentille vieille dame et pas vraiment à Men In Black. D’ailleurs, ce jour-là, c’est effectivement la deuxième idée complètement saugrenue qui me passa à l’esprit car la vieille dame s’était présentée sous le nom de Mrs Black. Men In Black… Mrs Black… j’admets avec du recul que ce n’était pas franchement drôle mais j’étais très déstabilisé. 

Si je ne me suis pas mis à rire bêtement ce jour là, c’est uniquement parce que mon cerveau en mode automatique fit jouer la clause « instinct de survie » inscrite dans notre contrat. Pourtant, l’oreillette bluetooth et les lunettes de soleil accrochées à ce visage de figurine Action Man (mâchoire carrée, volontaire et pommettes saillantes) étaient d’un comique achevé. Après réflexion, c’est sans doute la sacoche en cuir noir usée qui a dû mettre la puce à l’oreille de mon cerveau (ahah!) Plus menaçante encore, elle ne cadrait pas du tout avec le personnage. 

Mon cerveau avait raison de se méfier car dans la seconde qui suivi, GI Joe dégaina une carte de visite sur laquelle était inscrite « Me Magloire LEMPEREUR, avocat ». 

C’est alors qu’une petite vieille fluette et distinguée, cheveux blancs, jupe en tweed et rangs de perles le poussa sur le côté sans ménagement et entra chez moi sans plus de cérémonie. 

« Entrez, je vous en prie… » Marmonnai-je tandis qu’elle me passait devant en m’adressant un sourire espiègle, l’avocat dans son sillage. 

« Mais c’est tout à fait charmant ici ! S’exclama-t-elle en pénétrant dans la grande pièce principale qui me servait à la fois de cuisine, de salle à manger et de salon de réception pour ma clientèle. Je refermai du pied, l’air de rien, mon placard à linge. 

Elle contempla un instant la machine à sous installée près de la porte d’entrée avec un hochement de tête satisfait, comme si elle s’attendait à l’y trouver. C’était une machine à sous assez imposante, une de celles qui peuplent les allées des casinos. Celle-ci était originaire de Las Vegas et avait atterri chez moi suite à un invraisemblable imbroglio entre le S.A.V. où elle avait fait un séjour en maintenance, son propriétaire et moi. 

« Cher Monsieur Fortuna, Léonard m’a tant parlé de vous ! Mais il ne m’avait pas dit que vous êtes amateur d’art moderne, dit-elle le nez en l’air, en découvrant mon faux plafond construit à base d’échelles et ornementés de parapluies ouverts. 

Puis, avisant une autre de mes « œuvres », un miroir brisé décoré de bouts de magazine et de photos déchirés de mon ex-copine partie depuis longtemps : « Est-ce une copie d’ « Espoir d’Infortune » ? Léonard m’a assuré pas plus tard que le mois dernier qu’il n’en existe que deux exemplaires au monde. Et le sien vaut une petite fortune me suis-je laissée dire… 

J’oubliai de lui répondre tandis que j’observais avec surprise Me Lempereur investir ma table basse de ses affaires. D’autorité, il avait posé au sol le service à thé et les petits gâteaux que j’avais préparé pour le rendez-vous et entreprenait maintenant d’aligner méticuleusement des piles de documents. Fasciné, je le regardai ajuster ses blocs de papier jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une feuille qui dépasse. Enfin, satisfait du résultat, il sortit deux boites de stylos qu’il disposa côte à côte, parfaitement parallèle. 

Je m’arrachai à la contemplation de la scène pour revenir à la conversation. 

« Il s’agit de l’exemplaire original Mrs Black. J’ai réalisé l’exemplaire de Monsieur Mooney à sa demande, répondis-je d’un ton un peu plus maussade que nécessaire. 

Mrs Black était une nouvelle cliente et venait sur recommandation de Léonard Mooney, le tout premier client de ma petite agence Jerry TrouveTout – Porte-bonheur. Je me demandais ce qui pouvait amener une « lady » dans son genre. 

Bien entendu, après son coup de fil, j’avais fais une recherche sommaire sur sa personne. Mrs Black, soixante-deux ans, veuve de Mrs Eliot Black du prestigieux cabinet d’assurance Black, Linton et Burnett, née Blanche, Marie, Josée Morale. Blanche Morale… Blanche Black… Il fallait sûrement avoir son petit caractère pour assumer un prénom pareil, surtout quand le destin vous fait marcher avec. Petite, les cheveux d’un blanc éclatant, le teint frais délicatement rosé, le dos bien droit… le passage du temps avait été clément avec elle. 

Dans sa jeunesse Mrs Black était professeur d’anglais dans un lycée français au cœur de Londres. Aujourd’hui, la vieille dame assise en face de moi en train de dévorer des biscuits secs une tasse de thé à la main était à la tête d’un patrimoine de plusieurs millions de livres sterling. On la disait passionnée de babioles antiques et d’œuvres de bienfaisance. On la disait aussi futée et dure en affaires. 

Elle était venue avec son avocat ; un signe qui ne trompe pas ! En quoi pouvais-je donc bien lui être utile ? 

La première tasse de thé avalée, les mondanités d’usages expédiées, Mrs Black entra dans le vif du sujet. 

« D’après ce cher Léonard, vous êtes l’homme le plus chanceux au monde. 

Mrs Black avait le sourire bienveillant, le ton cordial mais elle m’observait avec la plus grande attention. Non sans malaise, je me rendis compte que Men In Black – qui avait ôté ses lunettes de soleil – en faisait autant. Et prenait des notes de surcroît. 

« Permettez que nous vous soumettions à quelques tests. La tâche que je souhaite vous confier est délicate et il serait fâcheux que… disons… vous ayez surestimé votre chance. 

Sans attendre ma réponse, elle adressa à l’avocat un petit signe de tête : 

« Je vous prie de bien vouloir procéder à l’examen cher maître. 

Une vraie dame de fer sous son sourire de velours cette Mrs Black ! 

L’avocat saisit sa sacoche et fouilla dedans à la recherche d’une pièce de monnaie ou de quelque chose du genre imaginai-je. Sûrement une pièce de monnaie ! La classique trois séries de « pile ou face », de dix lancés chacun, afin de d’éprouver mon aptitude à forcer le hasard. Quelques clients m’avaient déjà testé de la sorte avant de me confier du travail. Ce serait vite expédié, carton plein pour chaque série me dis-je avec assurance. 

Mais contre toute attente, il sortit une loupe ainsi qu’un objet de la forme d’un stylo qui s’avéra être une lampe de poche. 

« Avec votre permission, Maître Lempereur va noter quelques unes de vos caractéristiques physiques pour les besoins de notre contrat, dit Mrs Black toujours souriante. 

Voilà qui était tout à fait inhabituel ! Je n’étais pas franchement inquiet mais quand même, le bonhomme devait bien mesurer 1m90 pour 110 kilos et sa silhouette révélait l’accro des salles de musculation et des piscines olympiques. Soit une bonne tête de plus que moi et 30 kilos, facile ! Et je n’étais pas d’un genre particulièrement athlétique ni d’un tempérament bagarreur. Je n’en avais jamais eu besoin. 

Mon menton dans une main, sa petite lampe torche de l’autre, il examina attentivement mon visage. 

« Souriez, grommela-t-il 

J’obtempérai mais de mauvaise grâce et m’aperçu qu’il examinait mes dents. Je commençai à voir rouge. 

« Hé ! Vous me prenez pour un cheval ou quoi ? Protestai-je en dégageant ma tête d’une secousse avec un regard de reproche à l’adresse de la vieille bique qui souriait toujours. 

« Cheveux châtains roux non teints. Yeux verts sans nuances. Quelques tâches de rousseur. Un excellent spécimen Mrs Black, bien que dépourvu des fameuses « dents de la chance ». nota GI Joe d’un ton docte tandis qu’il rangeait ses instruments. 

Un spécimen ? Moi ? 

J’allais me lever sous le coup de l’indignation mais Mrs Black me tapota la main d’un air apaisant. 

« Veuillez nous excuser pour cet examen assez inconvenant, j’en conviens. Il est essentiel que je confie mon enquête à un authentique chanceux et il apparaît maintenant que vous êtes l’homme de la situation. C’est parfaitement clair à présent. 

« Hum ! Tout dépend. En combien de temps courrez-vous le cent mètres ? demanda Lempereur, avec une petite moue réprobatrice. 

Le cent mètres ? Mais quel rapport avec ma chance ?! Et c’est quoi, le job ?!! 

Je m’apprêtais à poser ma question sans détour lorsque la porte de ma chambre claqua au loin et fit sursauter la vielle dame et l’avocat de conserve. 

« Vous vivez avec quelqu’un ? demanda-t-elle l’air interdite. « Parfaitement inhabituel ! s’exclama Maître Lempereur à sa suite d’un ton vaguement scandalisé. 

C’est alors que Madame fit son apparition, traversa la pièce de sa démarche souple et pris place sur un canapé libre. Elle toisa mes deux visiteurs. Personne ne sait mieux toiser que Madame, pas même la reine d’Angleterre. Pour le coup, je me sentis un peu vengé des vexations subies quelques minutes plus tôt. 

Satisfaite de ce qu’elle voyait, Madame tourna sa tête à 180° et, jambe en l’air, entreprit la toilette minutieuse de son pelage. Riant sous cape, je décidai de faire les présentations. 

« Mrs Black, Maître Lempereur, je vous présente Madame. 

« Une chatte entièrement noire… constata la vieille dame avec un demi-sourire. Comme c’est charmant ! « Est-ce qu’elle vous parle ? 

Je tiquais à la question de l’avocat. 

Est-ce qu’elle…Quoi ??!! 

« Oubliez ça ! Intervint vivement Mrs Black. Monsieur Fortuna, votre mission, si vous l’acceptez, sera d’infiltrer une organisation du nom de « Club de
la Dernière Chance » et de me rapporter toutes les activités de cette association. Vous accorderez une attention toute particulière à tout ce qui serait de nature… disons… ésotérique. 

Le Club de
la Dernière Chance ? 

Ça sentait l’embrouille à plein nez, son affaire. 

« Alors, vous le prenez, le job ? Lempereur s’impatientait. 

Evidemment, avec un nom pareil, j’acceptai ! 

N°1

« Bonjour, je m’appelle Jerry. 

« Bonjour Jerry ! Répondirent à l’unisson la vingtaine de personnes présentent dans la pièce, le salon d’une vieille maison de campagne. 

 

J’essuyai mes mains moites sur mon pantalon. C’était ma grande « première ». Comprenez : ma première réunion au Club de
la Dernière Chance ainsi que ma première intervention devant ces gens que je ne connaissais pas il y a encore une demi-heure à peine. 

 

D’où le trac, les mains moites, et l’air vaguement halluciné que je devais afficher sur le coup. A moins que ce ne soit l’infâme tapisserie orange fané à bulles marrons des années soixante-dix qui me donnait des palpitations. 

 

Le salon était sans doute spacieux mais on avait poussé les vieux meubles en bois foncé contre les cloisons pour dégager le centre si bien que j’avais l’impression que les murs allaient se refermer sur moi. Enfin, on avait réussi à y caser tous les sièges utilisables dans la maison et on avait rajouté des caisses en matériaux divers pour faire le compte. 

 

A mon arrivée, tous les membres du club étaient déjà installés et débattaient vivement de l’ordre du jour en faisant tourner les assiettes de biscuits apéritifs d’une main, et les gobelets de boisson fraiche de l’autre. Et vu la chaleur étouffante qui régnait dans la pièce en dépit des fenêtres ouvertes, les boissons fraîches n’étaient pas du luxe. Quelle idée de d’entasser autant de personnes dans une pièce un midi, en plein mois de juin, dans le sud de
la France ! N’importe qui de sensé aurait mis tout ce beau monde dans le jardin. 

 

La présidente de l’association avait prit la parole pour annoncer la présentation d’un nouveau postulant et le brouhaha s’était tu immédiatement. 

 

L’angoisse ! 

 

J’avais maintenant face à moi une vingtaine de personnes silencieuses et attentives. Un véritable bloc humain. Difficile dans ces conditions de se faire une idée précise d’une assemblée aussi hétéroclite. A première vue, j’avais l’impression qu’il y avait autant d’hommes que de femmes. Peu de jeunes, principalement des adultes « entre deux âges » et quelques seniors de toutes les catégories sociales. 

 

De ma présentation allait dépendre mon acceptation dans le club. Je ne devais pas échouer ! Je pris une brève inspiration et je me lançai. 

 

« J’ai 27 ans et je suis victime d’une chance… infernale. 

 

Demi-sourires approbateurs dans l’assistance. Le jeu de mot avait fait mouche. 

 

« Je ne sais pas trop quand tout cela a commencé. Je me souviens que tout gamin, je n’ai jamais eu à mettre de pièce dans les distributeurs de bonbons ou de jouets. Il me suffisait de tourner la molette et – pouf ! – j’avais ce que je voulais. 

 

Hochements de tête approbateurs dans l’assemblée. Je poursuivis : 

 

« D’aussi loin que je me souvienne, on m’a toujours dit que j’étais chanceux. J’échappais aux plaies et aux bosses. Je n’ai jamais attrapé ces trucs contagieux qu’on choppe pendant l’enfance. Et pourtant, je vivais avec mes trois sœurs, j’allais à l’école comme tous les mômes… 

Petit, je n’ai jamais eu besoin de m’abonner à Spirou, Pif Gadget ou Picsou Magazine. Ils arrivaient toutes les semaines à mon nom malgré les nombreux courriers de mes parents pour prévenir de la méprise. 

Je me rappelle aussi la fois où, en vacances au camping, j’avais participé à la chasse au trésor de « Willy le Borgne ». Ce jour-là, j’ai déterré une petite cassette ouvragée qui contenait des Louis d’or. Une vraie fortune ! ça a mis une de ces zizanies ! 

Et puis, il y avait également les parties de jeux de sociétés que je gagnais toujours. Ça rendait mes sœurs folles de rage au point qu’un jour mon père les a tous donné au Secours Populaire et n’a jamais plus voulu en racheter. Aujourd’hui encore, les mots « Monopoly », « Mille Bornes » ou « jeu des petits chevaux » sont tabous à la maison et foutent tous le monde en rogne. 

 

« Ben au moins, tu parles encore à ta famille toi ! M’interrompit hargneusement une fille sur le côté. Elle était nettement plus jeune que moi. Les bras croisés, le visage fermé, on sentait chez elle de la colère et de la tristesse tandis qu’elle détournait les yeux pour ne pas croiser mon regard. Elle se fit rappeler gentiment à l’ordre par quelques personnes dans l’assemblée. Un vieux monsieur lui pris amicalement le bras. 

 

Je hochai la tête à son attention avec un petit sourire contrit. Elle avait raison. Je poursuivis cependant : 

 

« Quant à mes copains de classe… ça se passait toujours de la même façon. Au début de l’année scolaire, tout allait bien. On me prenait dans son équipe en sport, on jouait avec moi… et puis ils finissaient par se rendre compte que je gagnais toujours. Et que je gagnais non pas grâce à mes efforts ou mon talent mais toujours grâce à des concours de circonstances. Les enfants le remarquaient, les parents et les professeurs aussi. Alors, immanquablement, la situation se dégradait en cours d’année. 

Les gamins refusaient de jouer avec moi quand ce n’était pas les parents qui le leur interdisaient. Et puis il y avait les rumeurs… Des fois j’étais un tricheur. Pour les profs, j’étais d’une insupportable suffisance. Pour certains parents j’étais « flippant », « bizarre », « louche », « pas net »… Je finissais la fin de l’année seul et mes parents ont dû me changer plusieurs fois d’établissement scolaire. 

 

Je jetai un coup d’œil furtif à la fille en colère qui me regardait à nouveau. Je ne savais pas trop comment réagir. C’était la première fois que je rencontrais des gens qui partageaient ma « malédiction ». Je m’étais toujours cru seul dans ce cas là. 

 

« Plus tard, j’ai appris à faire profil bas et j’ai réussi à me faire quelques amis. Je ne jouais pas au billard, ni au babyfoot, ni au poker ou au tarot mais c’était la condition pour ne pas susciter de jalousie et avoir une vie sociale. 

Et puis, lorsque la chance frappait, je tâchais toujours d’en faire profiter les potes : places de ciné ou de concert gratuites, consoles de jeux et voyages gagnés à la tombola du lycée… 

Cette technique a marché pendant un temps mais sur le long terme, ça n’a rien changé. Jalousie, querelles, malaises… ça revenait toujours. J’ai fini par couper les ponts avec la plupart d’entre eux. 

 

Quelques soupirs dans l’assistance. Pas mal de mine désolée tandis que d’autres restaient de marbre. Eux n’allaient pas pleurer pour si peu. Comme la jeune fille de tout à l’heure, ils avaient perdu bien plus que quelques camarades de classe. 

 

« Il y a quelques temps de ça, j’en ai eu assez de me cacher, de ne pas en profiter. Et puis, je voulais tester ma chance. Je me suis mis à acheter des jeux à gratter plusieurs fois par jour, à fréquenter assidûment les casinos. J’ai eu très vite beaucoup d’argent que je claquais n’importe comment. 

 

Dans la salle, les plus âgés secouaient la tête de pitié et de commisération. 

« On est tous passé par là ! 

« Erreur de jeunesse ! 

Entendais-je murmurer. 

 

« Je passais dans les allées de machines à sous, j’appuyais au hasard sur les touches et je gagnais jackpot sur jackpot. J’ai été « blacklisté » de tous les casinos de France en moins d’un mois. Sur le moment, je trouvais ça drôle. Et puis les choses ont pris une tournure beaucoup moins amusante ; Les buralistes ne m’adressaient plus la parole, j’étais suivi par des types louches, des gros bras m’attendaient devant chez mes parents … Le jour où l’un d’eux s’en est pris à Lydia, ma plus jeune sœur, j’ai compris que je ne pouvais plus continuer comme ça. 

 

L’auditoire était suspendu à mes lèvres. J’avoue que j’en rajoutai un peu dans le pathétique, notamment au sujet de ma frangine. En vérité, c’était le gars qui avait passé un mauvais quart d’heure. Championne de handball au physique athlétique et au caractère de cochon, elle n’était franchement pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Elle lui avait mis les points sur les I et le type avait fui sans se retourner. 

 

Après quoi, elle m’avait mis la main dessus et expliqué le reste… Se faire tancer par sa petite sœur ! La honte ! N’empêche que ça m’avait remis sur les rails. 

 

« Il y a quelques mois de ça, j’ai décidé de reprendre ma vie en main et j’ai monté ma propre boite : Jerry TrouveTout – Porte-bonheur. Je mets ma chance au service des gens. Je retrouve des objets perdus, je les accompagne lors de voyages, lors de la signature de contrats importants… 

 

Sourire de l’auditoire. 

 

En fait, l’idée de ma petite affaire m’était venue lors de la dernière soirée – particulièrement peu glorieuse– de Saint Sylvestre. Fin saoul alors que je venais de me faire plaquer par ma copine, ça m’était venu comme ça. 

 

« Je faisais des recherches pour un client quand je suis tombé sur votre association « Le Club de
la Dernière Chance ». 

 

La vérité mais pas TOUTE la vérité. La base de tout bon mensonge. 

 

« Je ne savais pas qu’il existait d’autres personnes dans mon cas, victime de ma malédiction. 

 

Tout à fait exact ! J’avais cru à une blague sur le coup. 

 

« Je suis vraiment très heureux de vous avoir trouvé même si c’est dans des circonstances assez rocambolesques, ajoutais-je avec un éclat de rire. 

 

Rocambolesque ? C’était peu dire ! 

 

« Maintenant que je vous connais, j’ai retrouvé l’espoir. L’espoir de pouvoir enfin parler avec des gens qui me comprennent et – qui sait – que ce soit peut être ma dernière chance ? 

 

Ovation de la salle. Des « bienvenue » retentirent, on applaudit très fort. J’avais un peu honte d’avoir fait vibrer la corde sensible à ce point. Non pas que ce que j’avais raconté soit faux – tout était rigoureusement exact ! Mais bon… Je n’allais quand même pas leur dire qu’une vieille excentrique m’avait payé pour leur filer le train et enquêter sur leurs ateliers macramé, scrapbooking et occultisme, non ? 

Protégé : n°6

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Publié dans : Jerry F. : Making of | le 13 septembre, 2011 |Saisissez votre mot de passe pour accéder aux commentaires.

Protégé : Chapitre 1 – version Making of 1.1

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Publié dans : Jerry F. : Making of | le 31 août, 2011 |Saisissez votre mot de passe pour accéder aux commentaires.

Jerry Fortuna et le Club de la Dernière Chance

Jérémie « Jerry » Fortuna est un jeune homme passablement déprimé. A 27 ans, il se sait victime d’une terrible malédiction : une chance proprement insolente qui, contre toute attente, lui complique singulièrement l’existence.

Faisant contre mauvaise fortune (ahah !) bon coeur, Jerry s’est résolu à faire de sa malédiction son plan de carrière et a donc ouvert sa petite agence :

Jerry TrouveTout – Porte-bonheur

Son job : retrouver le testament d’oncle Henry, retrouver le magot caché de tante Joséphine, retrouver tante Joséphine en vadrouille avec le-dit magot…

Aussi lorsqu’une élégante vieille dame du nom de Mrs Black, armée de son avocat Me Magloire Lempereur, vient lui proposer d’infiltrer le Club de la Dernière Chance aux « ateliers » occultes louches, Jerry accepte sans se douter que pour survivre à sa mission, sa chance extraordinaire n’y suffira pas.

Quelles sont les activités du Club de la Dernière Chance ? Pourquoi certains de ses membres disparaissent ou sombrent dans la folie ?

Autant de questions que Jerry devra élucider au plus vite s’il tient à sa peau… sans garantie pour sa santé mentale !

 

Contrat Creative Commons
Jerry Fortuna et le club de la dernière chance de L.K. est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit.

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Jerry Fortuna et le Club de la Dernière Chance dans Jerry F. mode d'emploi fsmbanner1

Publié dans : Jerry F. mode d'emploi | le 23 août, 2011 |1 Commentaire »

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